Une carte parue dans le monde diplomatique de ce mois décrit avec pertinence les échanges entre les grandes puissances économiques et l'Afrique. L'envie me vient d'établir un parallèle passablement provocateur avec la situation d'une friche en ville; car comme souvent dans ces géopolitiques, les disproportions sont criantes. Voici la carte:

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Article visible sur  http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/pdf/fracture.pdf

A bien des égards, l'Afrique n'est pas mieux considérée par l'occident qu'une friche effectivement. Considérons le quai Romain Rolland, dans sa partie inaccessible au public qui n'a pas de bottes, ce quai dont un inventaire a été livré plus bas. L'on pourrait lister ce qu'il donne et reçoit:

Dans le sens quai considéré > ville dans son entier:
-appartenant au règne végétal qui valorise en exclusivité l'énergie solaire, il produit de l'oxygène,
-et des molécules de carbone organique (nourriture).
-contribue à maintenir une humidité atmosphérique, retenant les poussières
-impact visuel: une bande verte à jaune en été (dominance de graminées) au pied de la cathédrale St Jean. Sous forme de photo touristique, le quai considéré fait le tour du monde, émissaire de la vie sauvage à Lyon
-abrite et nourri la faune urbaine (mouettes, canards, pigeons, rats, cygnes, cormorans, insectes, arachnides, ...), produit dans certaines circonstances des pollens allergènes

Dans le sens ville dans son entier > quai considéré:
-les mégots du chauffeur de l'autocar de touristes italiens qui attends dans la rue au dessus
-dioxyde de carbone de la circulation automobile, ce qui est bon à la photosynthèse

-papiers, bouteilles, canettes, déposés par la rivière ou jeté depuis la rue

-indifférence voire mépris

Évidemment, il ne s'agit  d'essayer d'agrandir cette liste de points positifs, mais de réfléchir un moment sur la parfaite générosité du règne végétal, une immobilité, décrite savemment par Francis Hallé, une passivité, qui offre les moyens de vivre au règne animal.

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